ISIC Rock Show : The Show must go on !

Wollywood Drive sur la scène du Complexe
Jeudi 15 avril, 17h. Derniers affichages, dernières campagnes de communication. Les quelques appels téléphoniques pour réserver quelques places dévoilent une tension palpable de l’équipe d’organisation. Le grand événement, l’ISIC Rock Show, aura lieu dans quelques heures, après plus d’un mois de préparation. En partenariat avec l’UNICEF pour financer une opération d’éducation au Mozambique, ISIC Rider aura mis les grands moyens : une grande salle (le complexe), des groupes locaux et nationaux, un clip, un teaser, du tractage, des partenaires ainsi qu’un gros investissement financier et humain. L’objectif est de faire venir 400 personnes à ce concert exceptionnel organisé par le bureau des étudiants de l’UFR ISIC, à Bordeaux 3.
21h. Moi prem’s ouvre le bal avec des airs populaires tournés en Punk-rock. A l’entrée, à côté de la billetterie, une distribution de bouchons d’oreilles, d’éthylotests et de préservatifs montre à quel point l’événement a été bien préparé. Dans la salle c’est l’euphorie. Le son est plutôt bon et le groupe a un bon jeu de scène. Les éclairages n’ont rien d’exceptionnel mais sont suffisants pour conserver l’ambiance chaleureuse. Cependant Julie Lannot, présidente d’ISIC RIDER, ne parvient pas à se lâcher complètement de son stress des derniers jours. Pour l’instant, elle estime le nombre d’entrées à 150, ce qui est largement inférieur à ce qu’elle attendait. L’équipe d’organisation est reconnaissable à ces T-shirts UNICEF et circule de la salle aux coulisses de manière très efficace. Fin du premier groupe. La salle se vide un peu, et les fumeurs vont s’oxygéner les poumons dehors.

ambiance des organisateurs en début de concert
WA poursuit le bal avec une prestation de type plus pop-rock. Le public est toujours là, le son est propre et l’originalité du violon, qu’on entend bien (ce qui est rare dans ce genre de formation) apporte une touche de mélancolie. L’absence de basse ne choque pas et est bien compensée. D’ambiance plus planante, ça bouge un peu moins dans la salle, mais c’est normal. Cependant, le public n’a pas pu être transporté par le son de Wa, et pour cause : le groupe a passé plus de temps entre les morceaux à s’accorder et à régler des problèmes techniques, qu’à jouer et vivre pleinement leur musique. Un set un peu décevant donc pour ce groupe qui est le seul à avoir été sélectionné pour la deuxième année consécutive. C’est dommage, car le niveau de chaque musicien est excellent, tant par la musicalité que par le niveau technique. Mais ce soir, Wa a simplement assuré le minimum.
23h. On en arrive aux groupes invités des villes extérieures. La chanteuse du groupe Hollywood Drive interpelle le public en remerciant les groupes précédents et l’organisation, tout en s’excusant d’avance pour sa voix un peu défaillante ce soir. Le groupe commence, sur un son plutôt rock alternatif, voire métal, mais pas bourrin. Des musiciens exceptionnels, en particulier le batteur, des riffs de guitare à la fois puissants, mélodiques et techniques, un chant certes un peu affaibli mais qui se fond bien avec la musique, et une énergie débordante. Hollywood Drive, de Caen s’est donné à fond, mais malheureusement que pour un nombre très restreints de spectateurs. Sans doute à cause du style qui n’est pas très populaire, peut-être aussi à cause du son beaucoup moins propre que les groupes précédents, la salle s’est rapidement vidée, et on a pu compter plus de monde dehors que dedans. Cependant, la quarantaine de spectateurs restant est en transe. La plupart dansent devant et vivent pleinement la musique. On sent un réel plaisir qui se transmet entre les musiciens et le public. L’originalité se sent dans les quelques mesures asymétriques, les rythmes originaux et les lignes mélodiques bien construites. On aurait pu s’attendre toutefois à quelques solos de guitares, qui auraient été les bienvenus de la part d’un gratteux qui était loin d’être complètement Caennais !

Hollywood Drive

Lorsque Wild Dawn joue ses premières notes, un larsen souffle, les cœurs vibrent et le son est très fort. Mais très rapidement, le son devient meilleur, le groupe se cale et les morceaux s’enchaînent à un rythme effréné, dans une ambiance déjantée. Du bon rock, du bon son. C’est aussi bien que du Rage against the machine, mais avec le son Wild Dawn, un groupe d’Orléans. Le public est là. Les pogos vont bon train, les corps se meuvent au rythme de la musique, en solo ou en groupe, de façon traditionnelle ou assez atypique. Le groove se ressent parfaitement grâce aux musiciens particulièrement en place. La prestation de Wild Dawn et réellement impressionnante. Les solos des guitaristes sont très techniques, et se répondent sans hésitation. Le niveau de chaque musicien se ressent vraiment, et tous sont aussi à l’aise sur scène qu’un poisson l’est dans l’eau. Le jeu de scène est tout simplement magique. Le guitariste soliste principal a certainement dû en bluffer plus d’un !

le soliste de Wild Dawn a 18 doigts !

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Devant la performance de ces quatre groupes et l’énergie qu’ils ont su communiquer, on peut toutefois s’interroger sur le petit nombre d’entrées de l’ISIC Rock Show, événement de l’année pour ISIC RIDER. Que s’est-il passé ? Il ne s’agit vraisemblablement pas d’un défaut de communication. Tracts, annonces en amphi, affiches, flash infos sur les réseaux sociaux, il fallait être parti sur Mars pour ne pas être au courant de l’ISIC Rock Show ce jeudi. Il est vrai que le pari était très ambitieux, le lieu assez inconnu et la date mêlée à d’autres événements étudiants. On peut penser que le public ISIC n’a pas une culture rock et métal. Mais ce qui a surtout pêché, c’est d’inviter des groupes extérieurs inconnus aux Bordelais, certes très bons mais pas suffisamment renommés pour accorder la confiance aux sceptiques. Il est probable qu’un tel événement avec des groupes plus proches des étudiants de l’ISIC aurait sans doute mieux marché. Quoiqu’il arrive, l’ISIC Rock Show aura lancé cette année une culture de concerts live, ainsi que les missions caritatives. Cette piste est à développer dans les années à venir. The show must go on !

Wild Dawn et la foule
Isic Rider
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Bel article ! Sans fausse condescendance mais pas trop critique, ça a été une vraie et belle épopée !