L’Université, ou « mais qu’est ce que je fais là ? »…
Février 2010, et j’entame mon sixième semestre à l’université de BordeauxIII… Et le bilan, en ce milieu de troisième année, n’est pas très flatteur.
17/18 ans et toutes tes dents, te voila arrivé en première année à l’isic. On te présente la faculté comme quelque chose de bien, qui dispense des cours de bonne qualité (notamment grâce à son ancien statut d’IUP), qui est un peu à part dans l’université, et qui surtout offre un enseignement unique et nouveau, dans le domaine des sciences de l’information et de la communication, qui est tout juste arrivé dans le secondaire.
Te voila donc plein de motivation, tu es présent à tous les cours, même ceux en amphi. Alors au début, tu es un peu étonné que le cours de Lettres commence par une demi-heure de réflexion anti-Sarko de la part de la prof, que l’on aborde le Moyen Age avant la Mythologie, etc… Mais tout ça, c’était une introduction au grand n’importe qu’est l’université en générale. Ce qu’il faut savoir sur l’organisation de l’université, c’est qu’il n’y a PAS d’organisation. Alors quand tu sors du lycée, l’adaptation est un peu … difficile ! Mais arrivé en troisième année, rassure toi, tu deviens un peu le Chuck Norris de la fac. Déjà, tu ne parles plus qu’en abréviation. « On se retrouve au BDE ? Ah bah non j’ai CM de stats, et après TD de psycho. Mais on mange ensemble au RU et on va bosser à la BU après. » Tu ne manges plus que des sandwichs le midi, parce que d’un, tu n’as pas le temps de te faire la file d’attente et que de deux, tu ne veux pas risquer l’intoxication alimentaire. Tu ne vas plus à l’administration entre midi et deux, avant 9h ou après 16h, mais pendant tes cours, parce que tu sais que c’est à ce moment là que c’est ouvert. Tu n’écris plus tout ce que le maitre de conférence dit, mais seulement des mots clés, ou alors tu ne viens même plus du tout quand tu as entendu la phrase magique « Les cours seront sur disponibles sur le BV ». Tu sais un peu parler coréen, italien, espagnol… grâce au mélange des cultures dont fait preuve l’université. Tu n’es plus étonnée que ce soit un doctorant qui a trois ans de plus que toi qui vienne te faire cours, alors qu’il n’est pas formé pour, ou que ton prof t’enseigne trois matières différentes. Tu as déjà bossé trois matières pour au final n’être interrogé que sur une seule (heureusement, ce système a été aboli pour la première fois cette année.). Tu as eu l’espoir qu’un jour, tu partirais en Erasmus, mais les démarches et le responsable du programme t’ont découragé. Et pour finir, parce que tout citer serait trop long, tu te demandes « Mais qu’est ce que je vais faire après ? ». Mais nous nous égarons, le master, c’est une autre histoire…
Pour conclure je me demande à qui jeter la pierre ? Parce qu’au final, si tu as le sentiment que la fac est un bon gros bazar, ce n’est malheureusement pas à elle qu’il faut s’y prendre. Il faut remonter plus haut encore et voir ce qu’il se passe au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce dernier étant celui qui reçoit le plus gros budget et est ainsi considéré comme priorité gouvernementale. Avec une hausse de 1.8 milliard d’€ pour les années 2009, 2010 et 2011, il y a de quoi se demander « Où va l’argent ? » Car le problème de l’Université, c’est qu’elle est pauvre, et qu’elle n’a pas assez de moyens pour offrir un enseignement de qualité, ce qui entraine peu de poste, et donc des enseignants qui doivent assumer toujours plus de tâches dans des domaines parfois opposés. (Sans parler des chauffages qui ne sont allumés que partiellement parce que cela coûte trop cher…). Alors quelle(s) solution(s) attendre(nt) ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais je sais qu’une société qui ne prend pas soin de sa jeunesse, est bien mal engagée pour l’avenir…
Leslie M.

Isic Rider
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ce problème de moyens est exacerbé par le fait que tu es dans une université de lettres et langues et que depuis la réforme pécresse de 2005 les budgets vont au UFR et université qui sont le splus « rentables » comprendre mettent le plus de diplômés sur le arché du travail, font le plus de recherches, produisent le plus d’Articles.
Donc forcément à Bordeaux 3 tu étais mal barrée.
Mais si ça peut te rassurer, j’ai fait 4 années à l’ISIC aitt vécu l’avant et l’après IUP, la licence à sa construction (donc au pire moment bien pire que maintenant), les nouveaux masters, et j’Arrive quand même à être heureuse dans la vie et engager sur mes compétences et mon diplôme et pourtant j’ai fait le MAster Image. Donc y a pas de raisons que ça se passe mal.
Quand à la dernière ligne de ton article, une société qui ne prend pas soin de sa jeunesse est bien mal engagée mais une jeunesse qui ne soucit guère de sa société (en ne votant pas ou ne prenant pas part aux débats par exemple) est tout autant mal engagée…
Toi tu vas avoir des problèmes! Tu balances beaucoup trop! ^^
En espérant, soit qu’aucun responsable ne tombent la dessus, soit qu’il tombe dessus, et qu’il prenne en considération tout ce que tu viens d’énumérer et qui est tragiquement vrai!
@ Julia : J’avoue préférer être en licence maintenant qu’avant, mais je peux te confirmer que c’est toujours un peu test… Y’a quasi des nouveautés tous les ans, ce qui est bien, mais du coup c’est un peu bancal.
Quant à la dernière ligne de mon article, c’est je pense, un effet pervers, une sorte de serpent qui se mord la queue…
@ Laura : Je ne suis pas sure que Pécresse tombe dessus un jour. Quant aux responsables de l’isic… je suis déjà mal barrée alors un peu plus ou un peu moins…
Je pensais pas forcément aux responsables politiques (eux, s’ils écoutaient les besoins des étudiants, ça s’aurait!), mais nos amis Noble, Soufiane ou encore Amar
Oui, la fac, une fois qu’on y est, on se demande: « Je vais vraiment avoir un niveau licence avec 10 à 15 heures de cours par semaine??? » Et puis, quand on sait la « qualité » de certains (pas tous!) cours…
Wahou, mais c’est super encourageant pour les L1 ça!! Mais vu la réputation de Bordeaux 3, et les grèves de l’année derniere, on s’y attendait un peu…
C’est bien triste mais c’est bien vrai aussi… Faudrait l’imprimé… et le coller PARTOUT, même si ça ne ferras pas bouger grand chose ça fait toujours plaisir de voir qu’on est tous un peu ( beaucoup) dépité