Des illuminations et des illuminés
C’est beau, toutes les villes rivalisent d’ingéniosité pour être la meilleure, la plus décorée. Des trois pauvres étoiles, lunes et guirlandes que l’on avait l’habitude de voir il y a encore quelques années, on est passé à des fresques grandioses qui habillent les monuments, et les façades comme des parures qui, c’est certain, font leurs effets sur les passants. Les lumières donnent à la période de Noël, la féerie tant attendue toute l’année et rares sont ceux qui sont déçus par le spectacle qui leur est offert.

Oui mais voilà, rien qu’à Bordeaux les chiffres sont vertigineux : 450 00 euros pour l’installation de 40 km de guirlandes, ce à quoi s’ajoute 7h45 d’éclairage quotidien durant 31 jours, pour une facture d’électricité de 30 000 euros. Et même si cela ne représente que 0,13% du budget de la mairie de Bordeaux, on atteint facilement la somme modique de 2,23 euros par habitants.
Au niveau national la capitale aquitaine se situe légèrement en dessous de la moyenne des 12 plus grandes villes françaises qui totalisent 6,42 millions d’euros de dépense uniquement pour l’installation de leurs lumières, sans compter l’électricité. En tête des folies de l’année, Nice remporte le gros lot, à elle seule elle a dépensé cette année 1,52 millions d’euros.
Derrière ces jolies décorations c’est donc une débauche d’argent non négligeable qui est réalisée chaque année et qui même si elle fait plaisir à nos petites personnes devrait tout de même nous inciter à réfléchir : n’y aurait il pas mieux à faire avec tout cet argent ?
Ne devrait-on pas plutôt l’utiliser à loger tous ceux qui cohabitent 24h/24h avec ces guirlandes, et qui se couchent tous les soirs sur des cartons en se demandant s’ils pourront se réveiller et les voir le lendemain. Il y aurait tant d’autres choses à faire de cet argent, nourrir, éduquer, guérir. Les contribuables devraient s’inquiéter de l’utilisation utile de leur argent.
Au delà des considérations monétaires, un autre point considérable devrait nous donner des frissons et nous faire réfléchir en ces jours de sommet de Copenhague : celui de la consommation électrique de ces millions d’ampoules.
On estime qu’à Noël en France les illuminations consomment l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire. UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE ! Rien que de penser à tous les rejets que cela implique dans la nature : eaux chaudes dans les estuaires, dioxyde de carbone dans l’atmosphère, avec les dérèglements que cela entraîne, et en plus de cela les déchets radioactifs à long terme, ca ne fait pas tout à fait rêver.
Alors de deux choses l’une soit on se contente d’être aveuglé par ces cache misère éphémère et l’on continue à vivre ainsi, soit on s’engage dans un mode de vie raisonné, et soutenable pour notre environnement. Car même si ces ampoules nous procurent du plaisir, il faudra un jour enfin se passer de ce superflu qui ne fait qu’empirer la situation catastrophique dans laquelle nous sommes sur tous les plans.
À quand le bonheur simple ?
Guillaume.
Isic Rider
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Dans mon village paumé en pleine campagne, c’est un peu la guerre des Gangs de la Lumière ! Limite on peut se promener dans la rue à minuit et il fait jour…
Bizarrement Copenhague passe « légèrement » à la trappe quand Noël arrive (comme beaucoup d’autres sujets…), j’espère que les nouvelles générations qui boudent de plus en plus Noël se mobiliseront à l’avenir pour réagir.