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Balade en péniche sur les berges de la Garonne

L’association Océan, spécialisée dans l’organisation de sorties culturelles en rapport avec l’environnement et le patrimoine local, propose régulièrement des balades en péniche sur les berges de la Garonne.  Sans aller dans le cliché « chasse pêche et nature », c’est une visite idéale pour tous les amoureux de la nature et pour ceux qui sont curieux de découvrir leur région . Embarquement dans cet étrange bateau, où le visiteur est bercé par des flots… de commentaires très instructifs.

les cabanes de pêcheurs sur pilotis

Les cabanes de pêcheurs sur pilotis

Une histoire bien à marée

Même la Garonne est sensible aux phénomènes des marées. Le marnage est la différence de hauteur entre la marée haute et la marée basse. Pour la Gironde, il varie de 3 à 6 mètres. Les eaux de cet estuaire ont la particularité de remonter le fleuve pendant la marée montante. C’est le flot. Il dure 4 heures. Ensuite, arrive l’étal. Pendant 6 à 12 minutes, aucun courant n’anime la Gironde. Environ 1 heure après le début de la marée descendante, le courant s’inverse et le fleuve s’écoule vers l’océan. C’est le jusant. Il dure 8 heures. Quelquefois, les marées sont si fortes qu’il se produit le phénomène du mascaret. Le flot est alors si fort que des vagues remontent très loin dans les Terres, au plus grand plaisir des surfeurs.

Des affluents qui affluent de moins en moins

Les eaux de la Gironde viennent essentiellement du massif central via le Tarn et le Lot. Sur place on observe quelques petits affluents appelés Estay. Malheureusement, l’envasement tarit progressivement l’embouchure de ces ruisseaux. Ce fut le cas de la Devèze, sur laquelle a été bâti Bordeaux et qui permettait jadis l’accès par bateau au port antique de la ville. Près de 800 000 tonnes de matière organique envasent chaque année la Gironde. Une partie seulement est évacuée vers l’Océan.
Le débit de la Garonne a diminué de 20 % à cause de la fonte des glaciers, d’une diminution des précipitations et de prélèvements agricoles dans les nappes à l’origine des cours d’eau.

La Garonne n’a pas toujours été un fleuve tranquille

Des crues centenaires, quelquefois mortelles, ont été enregistrées en 1981, 1952, 1930, 1870 et 1435. La Garonne est sortie de son sillon habituel, le lit mineur, pour inonder le lit majeur très urbanisé.
En 1760, les températures ont été si basses que les eaux de la Gironde ont entièrement gelées. Les riverains ont pu s’adonner aux joies du patinage. Ça n’est jamais arrivé depuis, même si en 1985 et 1956 quelques glaçons dévalaient le fleuve.

La Garonne a 46 millions d’années, mais les dinosaures n’ont pas connu son estuaire, la Gironde. Sur la rive gauche, qui est d’ailleurs plus plate, des fossiles d’oursins, de mammifères marins et de coraux tropicaux ont révélé la présence d’un ancien océan du tertiaire au crétacé. Sur la rive droite, plus calcaire, des ossements dans des habitats troglodytes montrent que l’Homme a très tôt occupé les rives de la Garonne.

les petits poissons fraient

Depuis 1992, l’extraction des minéraux est interdite dans le lit mineur car elle dégrade les zones de frayère,  ces lieux où les poissons se reproduisent. Dans les eaux de Gironde, on y trouve la lamproie, sorte de fossile vivant qui n’a pas évolué depuis 450 millions d’années. Ce « serpent des mers » est équipé d’une ventouse à la place de la mâchoire. On y trouve aussi l’alose, dont la pêche est interdite. La plupart des poissons de Gironde sont amphihalin, c’est-à-dire qu’ils supportent une différence de salinité. Cela leur permet de vivre dans l’océan et de frayer dans les rivières d’eau douce. Ils sont dit thalassotoques. Ou à l’inverse ils viennent se reproduire dans l’océan, ils sont alors potamotoques. C’est le cas des Anguilles et des Esturgeons, qui peuplent la Gironde. Cependant, les pêcheurs ont observé une forte diminution du nombre d’entre eux, annonçant sans doute une prochaine régulation.

Un patrimoine alentours

De part et d’autre de la Garonne, tout un patrimoine culturel et industriel s’offre aux yeux du visiteur. Rive gauche, la station d’épuration des eaux usées du clos de Hilde et l’usine de traitement des déchets ASTRIA servent de point de repère. Sur la droite, l’île d’Arcins, longue d’1,6 km, a été cédée depuis le 18ème siècle à l’INRA pour des recherches agroalimentaires sur des arbres fruitiers. Aucun habitant n’y séjourne depuis la tempête de 1999. Sur l’autre rive, les hauts coteaux de Bouliac, Latresne et Lormont se dessinent et laissent à l’équipage imaginer l’animation des promenades dominicales des riverains du 19ème siècle. Un peu plus loin, le château de Malleret ou la maison du fleuve s’impose face à l’île des juifs maintenant rattachée au continent, et à l’île de la Lande au-dessus de laquelle on distingue au loin les oiseaux migrateurs comme le héron cendré ou le milan.

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