Des conditions qui ne sont pas à l’écoute de notre audition ! | N'infoblog

N'infoblog

Le journal qui ne pense qu’à ça !

// Article

Des conditions qui ne sont pas à l’écoute de notre audition !

Julien est l’étudiant irréprochable, sociable, sympa et sérieux. Mardi dernier, Julien s’éclatait sur la piste du café des sports, comme tous les mardis. Comme tous les mardis, sur le chemin du retour, il monte inconsciemment le son de son autoradio pour mieux entendre, un peu assourdi après cette soirée. Comme souvent, il entend un petit sifflement dans l’oreille. Ce n’est pas grave, d’habitude ça passe le lendemain…

Sauf que cette fois-ci, le sifflement est toujours là le lendemain. Il est toujours là une semaine après. Julien est irrité, fatigué. C’est insupportable. Il décide d’aller consulter à la médecine préventive. Le bilan est sans appel. Julien souffre d’un acouphène irréversible, qui s’amplifiera chaque fois qu’il est confronté à de forts volume. Il devra donc se protéger efficacement jusqu’à la fin de ses jours.

La vie de plusieurs jeunes comme lui bascule à la suite d’un choc acoustique.  Après la paroi interne du tympan, le son se transmet par le déplacement moléculaire d’un fluide. Concrètement, le son nous est perçu par la vibration de petits cils dans l’oreille interne (la Cochlée). Les vibrations génèrent un signal nerveux, qui est interprété ensuite par le cerveau. Lorsque l’individu est soumis à un fort volume sonore, les cils vibratils s’emmêlent, comme des cheveux au vent, et ne transmettent plus le signal sonore. Après une forte exposition, l’oreille a besoin de 8h de repos (de silence) pour que ces cils se « réorganisent ». Dans le pire des cas, les cils s’arrachent. La perte est alors irrémédiable.

Coupe transversale d'une oreille

Ainsi, l’oreille peut tolérer un certain niveau sonore hebdomadaire (voir schéma). Nous possédons tous nos cils vibratils dès la naissance, ils ne se régénèrent pas par la suite. D’un  point de vu législatif, le volume sonore dans les soirées est limité à 104 dB, seuil qui est légèrement en-dessous du seuil de la douleur (110 dB). Mais il faut prendre en compte le volume de la salle et le nombre de personnes présentes, qui absorbent un peu le son. Or, dans la plupart des bars, aucun appareil de contrôle ne permet de mesurer le niveau sonore, qui est très souvent dépassé. Il est donc conseillé de se protéger par des bouchons d’oreilles homologués, et de faire 5 minutes de pause toutes les 45 minutes ou 15 minutes toutes les deux heures.

tolérance hebdomadaire de l'oreille en Db / heure

Il faut considérer deux types de perte d’audition, celles de transmission, où le signal est interrompu, et les pertes de perceptions, qui modifient l’interprétation du message. Les maladies les plus fréquentes sont les acouphènes, l’hyperacousie et la presbyacoustie.

La presbyacoustie est difficile à déceler car elle s’installe progressivement. Le sujet atteint de presbyacoustie n’arrive pas à comprendre les conversations dans un milieu bruyant, ce qui se répercute à terme sur son comportement social (isolement, renfermement sur soi, etc…). L’effet de masque inhibe la perception d’un bruit faible lorsqu’il est émis en même temps qu’un autre bruit plus fort. C’est un traitement naturel par le cerveau. La presbyacoustie amplifie ce phénomène de façon démesurée. Le port d’un appareil auditif peut combattre en partie l’incommodité provoquée.

L’hyperacousie est une hypersensibilité des sons, souvent les plus aigus. Les sujets atteints doivent impérativement se protéger de tout bruit extérieur afin d’éviter des migraines et d’atroces douleurs. Cela est provoqué soit par une surexposition de l’oreille, soit par une sous-exposition de l’oreille, à l’origine d’un phénomène d’accoutumance  du cerveau. Dans les deux cas, le cerveau développe une hypersensibilité qui devient nocive.

Enfin, les acouphènes sont des sifflements, ronflements, bourdonnements dans l’oreille, suite à des chocs acoustiques brefs et intenses. Il s’agit en général d’une déformation de la cochlée, qui modifie la pression exercée sur les cils vibratils de manière à générer un signal permanent.  Par accoutumance, le cerveau peut conserver ce signal, même après réparation mécanique (naturelle ou non) de l’oreille interne. Le sujet entend alors en permanence du bruit dans sa tête. Le seul remède actuel contre ces acouphènes permanents est l’installation d’un appareil auditif qui génère un bruit permanent (le bruit rose ou le bruit blanc), à certaines fréquences, de façon à inhiber l’acouphène par effet de masque.

échelle des bruits

La perte d’audition est un problème majeur de notre génération, qui selon les statistiques, sera sourde 30 ans plus tôt que celle de nos parents. C’est pourquoi de plus en plus d’associations comme Agi-son militent pour la prévention aux dangers des fortes expositions sonores. Mais dans les faits, elles sont encore peu écoutées ! Les étudiants seraient ils déjà sourds ? Alors un conseil à nos lecteurs, si vous voulez continuer à aller voir de bons concerts ou vous bouger au son des discothèques, protégez-vous ! Entendu ?

Taggé avec: , , , , ,


3 Commentaires

  1. Très intéressant!

  2. Bon travail. Sujet original, mots simples, explication claire.
    J’ai pas décroché du début à la fin !

  3. Un sujet très intéressant. Comme tu le dis dans ton article aucun appareil ne peux vérifier ce bruit. Et quand on sait que certains jeunes sortent tous les week-ends dans des boîtes, bars ou à des concerts qui rivalisent pour faire le plus de bruit possible ça devient complexe.

    Dans les festivals ou les concerts les bouchons d’oreilles sont possibles.
    Dans les bars, ça ne me semble pas la solution, il suffirait juste de baisser le son!!

Laisser une réponse